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Vinexpo Asia 2026 : Hong Kong tient son rang en Asie

La dixième édition de Vinexpo Asia a confirmé, du 26 au 28 mai au Hong Kong Convention and Exhibition Centre, son rôle de carrefour incontournable du vin et des spiritueux en Asie-Pacifique. Moins d'euphorie, plus de maturité : dans une conjoncture exigeante, le salon a tenu le cap et rappelé que, pour une filière en quête de repères, se rencontrer reste le premier acte de vente.

On attendait un baromètre, on a trouvé une boussole. La dixième édition de Vinexpo Asia, réunie du 26 au 28 mai au Hong Kong Convention and Exhibition Centre, n'a pas cherché à éblouir : elle a fait mieux, en confirmant la solidité d'un rendez-vous devenu, en près de trente ans, le point de ralliement de la filière vins et spiritueux en Asie-Pacifique. Dans une conjoncture mondiale exigeante, c'est une réussite que de tenir le cap — et le salon l'a tenu avec panache.

 

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Vinexposium revendique 14 273 visiteurs professionnels venus de 76 marchés, contre 59 deux ans plus tôt, et 38 pays producteurs au lieu de 35. Neuf nations exposantes faisaient leur entrée, de l'Autriche à l'Uruguay, tandis que vingt-huit associations professionnelles se mobilisaient, contre dix-neuf en 2024. Cette ouverture en éventail, loin d'être un simple effet d'affichage, dit l'attrait intact des marchés asiatiques pour les producteurs du monde entier, jusque dans les pavillons de France, d'Italie, d'Allemagne, de Nouvelle-Zélande ou d'Espagne.

 

Le soutien des institutions a confirmé cette assise. Ouvert par le secrétaire au Commerce et au Développement économique du gouvernement de Hong Kong, le salon a réuni l'ambassadeur de France, celui de l'Union européenne et vingt-cinq consuls généraux et conseillers commerciaux de dix-huit pays, sans oublier l'appui constant de l'Office du tourisme de Hong Kong. Signe que l'écosystème se structure dans la durée, ce dernier vient de sceller avec le Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux un protocole de cinq ans autour de l'œnotourisme et de la gastronomie : une passerelle de plus entre le vignoble européen et l'amateur asiatique.

 

Une édition de la maturité

Le public, lui aussi, a mûri. Moins de curieux, davantage de décideurs : telle est l'impression dominante recueillie dans les allées. Le vin n'est plus une découverte pour ces marchés désormais complexes et avertis ; il est affaire de sélection. Aux trois quarts concentrée sur la Chine continentale, Hong Kong, Taïwan et Macao, l'affluence a vu monter le poids du Japon, de la Corée, de l'Asie du Sud-Est et de l'Australie, marchés réputés plus fiables dans la valeur. Les conversations s'en ressentent : plus concrètes, plus précises, tournées vers la durée plutôt que vers le coup d'éclat.

 

Cette exigence nouvelle est une chance pour qui sait s'y adapter, à l'heure où le secteur explore de nouvelles frontières, entre diversification des goûts et ouverture des marchés. Les professionnels en conviennent : en Asie, l'avenir sourit moins à celui qui exporte qu'à celui qui localise — langue, formats, récit, équipes compétentes. Le salon a parfaitement épousé ce mouvement. Son espace Be Spirits, déjà mis à l'honneur lors du dernier Wine Paris, a triplé sa base d'exposants, réunissant 105 maisons de dix-huit pays, et l'essor du sans-alcool s'est confirmé, avec une référence présentée sur dix. Vingt-cinq masterclasses et conférences ont nourri cette montée en compétence, transformant le salon en véritable lieu d'apprentissage du marché.

 

Le mérite des rendez-vous

Reste l'essentiel, et c'est là que Vinexpo Asia justifie pleinement sa raison d'être. Dans une industrie traversée d'incertitudes, où chaque décision se pèse, un salon vaut d'abord par ce qu'il rend possible : la rencontre. Trois jours durant, importateurs, distributeurs, sommeliers et producteurs se sont retrouvés en un même lieu, ont partagé un verre, ouvert des discussions qu'aucun échange à distance n'aurait nouées. Ces rendez-vous, pris ou improvisés, sont le carburant du commerce : ils ne se traduisent pas tous en commande immédiate, mais ils déclenchent les relations d'où naîtront les affaires de demain. Offrir cette chance, c'est le service le plus précieux qu'un salon puisse rendre à une filière perturbée.

 

Hong Kong, super-connecteur entre la Chine et le monde, demeure le poste d'observation idéal pour lire la "Greater China" et l'Asie dans leur ensemble. « Quand le marché devient plus complexe, la connaissance devient un outil », rappelle Rodolphe Lameyse, président de Vinexposium. L'organisateur en a tiré les conséquences : à partir de 2027, Vinexpo Asia deviendra annuel, ancré dans un hub asiatique unique, pour offrir aux exposants la stabilité et la lisibilité qu'ils réclament.

 

Le millésime 2026 n'aura pas prétendu renverser la table. Il aura fait œuvre plus durable : maintenir le cap, garder ouvertes les portes du dialogue et rappeler qu'en temps incertain, se parler demeure le premier acte de vendre. À ce jeu-là, Hong Kong reste imbattable.