Édito

Les Crus Bourgeois vers les sommets

Cette catégorie de vins bordelais, réservée au Médoc, vit un peu dans l'ombre des Grands Crus Classés de 1855. Elle puise pourtant ses origines aux mêmes sources.

Voilà plusieurs siècles, dans le bourg de Bordeaux sous domination anglaise, les marchands étaient exonérés de charges sur la vente locale ainsi qu’à l’export des vins issus de leurs vignes. Un privilège qui fera leur fortune, leur permettant notamment d’acquérir dès le XVe siècle les meilleures parcelles médocaines. Le terme « Bourgeois » est alors utilisé dans son acception originale signifiant habitant du bourg et non en référence à l’appartenance à une classe sociale.

Après moult péripéties, leur consécration arrive enfin au XXe siècle avec des dates clés comme 1932 (premier véritable classement), 1962 (naissance du Syndicat des Crus Bourgeois du Médoc) puis 1979 (autorisation de la mention « Cru Bourgeois » sur les étiquettes). Cette dernière décennie leur a enfin permis de trouver leur vitesse de croisière et ils font désormais l’unanimité chez les professionnels comme chez les consommateurs. Car ils représentent une alternative intéressante tant en termes de prix que de qualité, grâce à un cahier des charges exigeant qui met avant tout en valeur leur terroir. Et n’oublions pas qu’ils représentent plus de 30% de la production du Médoc avec environ 28 000 000 de bouteilles annuelles. Ce qui leur permet - au moins sur ce plan - de rivaliser avec les Grands Crus Classés. Sans doute leur reste-t-il à travailler aussi brillamment leur image pour devenir des incontournables sur le marché français comme à l’export. C’est en bonne voie !

 

 


By Alain Echalier photographs - courtesy of the estates